Cécile Bortoletti sur - nature

26 janvier - 23 février

Vernissage le samedi 26 janvier de 19h - 22h 




Photographier la nature à Hyères et dans ses alentours n’est pas une
mince affaire : il s’agit d’une sur-nature, mélange à la fois luxuriant et géométrique de végétation méditerranéenne et d’adoption de plantes exotiques. Comment s’y prendre pour donner un petit goût de cet Eden aux maintes facettes qui fait partie du quotidien de tant de gens ? Cécile Bortoletti s’est promenée partout dans la région pendant une année (avec son appareil photo, à travers les saisons et les changements que chacune impose). Ce fut un pèlerinage presque ascétique, une initiation noyée dans l’inquiétude et le ravissement. La méthode Bortolettienne, faite de compilations, de superpositions et d’antithèses, ne consiste pas à essayer de déchiffrer la complexité de la nature et d’y comprendre quelque chose, ni à apprivoiser les mystères. Il s’agit au contraire de se confronter à la fois au grand tout de la nature et à chacun de ses petits détails, à rendre le côté kaléidoscopique de cette expérience. Les paysages paradisiaques et la sécheresse, les jardins magnifiés et la végétation éparse, les enchantements et les moments de désolation, les chemins ombrageux et l’impitoyable soleil, la clarté et l’embrouillement, les arbres robustes et les maladies des palmiers, la présence des hommes et des constructions dans la nature, toutes ces différentes espèces de plantes et de fleurs ne sont que quelques exemples parmi les cibles - volontaires et involontaires - de l’objectif Bortolettien, qui, éternellement avide de sérendipités, nous racontera cette histoire vécue en 2012. L’exposition sera accompagnée d’un catalogue contenant un récit de Yagos Koliopanos et d’un texte de présentation de Catherine Chevalier.


 

Notice biographique
Cécile Bortoletti, vit et travaille à Paris. A la fin des années 80, elle étudie le cinéma et la photographie à l’Université de Paris VIII où elle suit les cours de Claudine Eizykman et les séminaires de Gilles Deleuze. Elle découvre très vite la scène expérimentale artistique française, y participe activement, en devenant l’assistante du producteur de théâtre et réalisateur Marc’ O avec qui elle travaille plusieurs années. A la même époque, elle produit des films expérimentaux en super 8 et 16mm et commence aussi à travailler comme photographe. Elle participe à la création du groupe « MOLOKINO », avec Hélèna Villovitch, David TV, Agathe Gris. Le MOLOKINO organise des séances d’ «Expanded Cinema», mêlant installations filmiques et performances, interrogeant la relation classique entre écran et spectateur.

Le MOLOKINO se produit alors dans des lieux encourageant la culture alternative, aussi bien que les principaux musées européens et institut d’art. Cécile Bortoletti est également impliquée dans la création du magazine 101, qui oppose différentes pratiques du cinéma ; du cinéma politique, aux installations et performances, du cinéma dada à l’art vidéo. Elle est répertoriée dans l’annuaire du cinéma expérimental de Nicole Brenez, Jeune, dure et pure! Une Histoire du cinéma d’avant-garde et expérimental en France, édité par la Cinémathèque Française. Dans les années 90, elle s’implique particulièrement avec une nouvelle génération de créateurs de mode et initie des collaborations avec des créateurs comme Bless, Martin Margiela, Charles Anastase, Marjan Pejovski, et l’artiste Eric Camus. Elle participe au Festival d’Hyères en 1998. Elle travaille alors quatre saisons pour Issey Miyake, réalisant toutes leurs images de campagne, homme et femme. En 2009, elle participe à l’exposition L’Univers Invisible au palais de l’UNESCO, organisée par l’Observatoire de Paris, sur le thème de la matière noire. Elle réalise des photos de nuit dans une forêt, le contact avec les sciences s’établit sur l’imaginaire qu’il accompagne, révèlant une nature « doublée d’invisible ». En 2010, elle expose à la galerie Just Jaeckin, 18 images / seconde. Conçue alors comme une minute de cinéma muet, l’exposition présente 18 images où se mêlent modèles, paysages souvenirs, travaux plus personnels, souvent en surimpression, réalisées à la prise de vue, sur les dernières années. Dans son texte de présentation, Roy Genty évoque une photographie « où l’inspiration excède l’image qui n’est que la trace manifeste d’un rituel plus secret.» A Hyères, fin 2010, elle participe à l’exposition Collections, dans laquelle sont présentées des photos réalisées pour Issey Miyake dans l’enceinte de la Villa Noailles. Ses séries de mode ont été publiées dans le Purple, Dazed & Confused, M Le Monde, Lurve, Metal, Self-Service, Crash, Libé Style, Please, Sleek, Commons and Sense, Tranoi et Studio Voice, ainsi que des magazines comme ELLE, L’Officiel, L’Optimum, L’Express Styles, le quotidien NIKKEI.



English Version

Photographing the nature of Hyères and its surroundings is quite a challenge, for it is actually a

super-nature, a mix both luxurious and geometrical of mediterranean vegetation and cultivation of exotic plants. How can one go about to give a taste of this multi-faceted Eden that is part of so many people’s everyday life? Cécile Bortoletti wandered everywhere around the area during a year (with her camera in hand, through the passing of seasons and the changes that each one imposes). It turned out to be a nearly ascetic pilgrimage, an initiation drowned in rapture and restlessness. The Bortoletti method, made of compilations, superimpositions and antitheses, is not about trying to decipher the complexity of nature and get a meaning out of it nor about unravelling its mysteries. It is, on the contrary, about confrontation at the same time with the whole of nature and with its every single little detail, recipe for a kaleidoscopical experience. Paradisiacal landscapes and aridness, magnified gardens and sparse vegetation, enchantments and desolations, shady paths and merciless sun, entanglement and brightness, robust trees and palm diseases, the presence of men and construction in nature, all of these different types of plants and flowers are more examples among the targets - both voluntary and involuntary - of Bortoletti’s lens, which will narrate us this story lived in 2012, in an effort to quench its thirst for serendipity. The exhibition will be a accompanied by a catalogue including a short story by Yagos Koliopanos and a preface by Catherine Chevalier.




Biography
Cécile Bortoletti lives in Paris where she was born. In the 90’s, she studied cinema and photography at the University Paris VIII, attending the courses of Claudine Eizykman and the seminars of Gilles Deleuze, among others. She then worked as assistant of avant- garde theatre producer and director Marc’O during several years, and later started to create experimental films with the group «MOLOKINO» she created with David T.V, Agathe Gris, Hélèna Villovitch. Following in the steps of Man Ray, they promoted «expanded cinema».The MOLOKINO group is consequently being invited in numerous spaces related to film, alternative culture, as well as art institutes, galleries and spaces related to improvised acts. At the same time she begins to work as a photographer in collaboration with the designers Bless, Martin Margiela, Charles Anastase and Marjan Pejoski. In 1997 she presents her work at the Festival International des Arts de la Mode in the city of Hyères. Cecile Bortoletti’s work is published in Le Monde, Purple, Dazed & Confused, Self- Service, Commons & Sense, L’Officiel, Crash, Studio Voice, Nikkei, ELLE, Lurve, Metal and others. During three years she worked for Issey Miyake realizing their advertising campaigns for men and women. She continues her work in film and has realized a short-film for the Christian Lacroix exhibition curated by Christian Rizzo and David Dubois. In 2010, she presented a solo exhibition called 18 images/seconde at the Just Jaeckin gallery in Paris.